L'expérience contemporaine de la nature se fait souvent par le biais du médium photographique. Il en résulte une image idéalisée. La prolifération de ces images se produit simultanément avec la perte de l'expérience directe et une détérioration de l'environnement naturel. C'est ce double mouvement d'idéalisation/détérioration ou préservation/disparition qui m'intéresse.

Dans la série «Ne tueras», je tente de rendre visible la fabrication de l'environnement naturel dans la représentation. Les sujets (animaux. lacs, cabane, ect.) sont remplacés par des représentations simplifiées, des pictogrammes, des contours découpés qui s'inscrivent en formes vides sur le paysage. De l'animal et de la maison ne subsiste qu'une trace codifiée de son absence.

Le découpage et l'utilisation de caches fabriquent l'image, lui donnent forme. L'image photographique s'éloigne de sa vraisemblance pour servir de motif dans une parodie de représentation.