L’autostoppeur est immobile, le pouce tendu tandis que son environnement est en mouvement. Cette cohabitation de l’immobilité et du mouvement crée, dans l’image, des espaces différents amplifiant la rupture entre le sujet immobile et ce qui l’entoure. C’est par sa posture que l’autostoppeur indique une demande d’aide. Le trafic automobile qui ne s’arrête pas suggère l’indifférence des témoins de cette demande. Comme dans Youhou, l’appel ne reçoit pas de réponse.

Le spectateur debout devant l’œuvre, est en position miroir, devant l’autostoppeur, debout solitaire. Entre ces deux solitudes, le flux du trafic automobile. La vitesse des voitures, le son sec de leur passage agit comme le signe d’une indifférence. Il sépare le spectateur de l’autre représenté et le laisse à distance, contemplant l’échec de la demande de l’autostoppeur. L’utilisation du plan-séquence fixe reproduit une impression de temps réel et exclut l’usage du contrechamp dans l’image elle-même pour le situer plutôt à l’extérieur du cadre, du côté du spectateur.

L’immobilité exagérée de l’autostoppeur indique la mise en scène et s’inscrit en contraste avec le mouvement incessant des voitures. Dans Autostoppeur, le geste de l’autostop constitue une représentation d’une adresse qui n’est pas directement dirigée vers le spectateur.